Abandonnés par la société

14.02.2020 - 12:46 | Christian Possa

Nolvia Zelaya est une psychologue du projet «Je reviens, j’apprends et je reste». Dans cette interview, elle parle de son travail auprès d’enfants ayant un passé migratoire et explique pourquoi les parents ont souvent encore plus besoin d’un suivi psychologique que les enfants eux-mêmes.

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Elle aide les enfants à se réinsérer à l’école après une tentative de migration avortée: la psychologue Nolvia Zelaya

Quels sont les besoins des enfants pris en charge par ce projet?
Les principaux problèmes sont de nature émotionnelle. Les parents sont souvent séparés: l’un vit ici, l’autre dans un pays à l’étranger. Beaucoup d’enfants en retirent la conclusion qu’ici, ce n’est pas bien et qu’ailleurs, ce sera mieux. La plupart d’entre eux ont de la peine à affronter leurs problèmes sur place. De ce fait, ils ne voient pas ce dont ils ont réellement besoin ni comment ils pourraient résoudre leurs problèmes. Ils choisissent tout simplement de s’en aller et n’ont pas la capacité de faire face.

Quel rôle les traumatismes causés par la migration jouent-ils?
Beaucoup d’enfants reviennent avec une instabilité émotionnelle et vivent dans un stress permanent. Quant aux parents, ils se déchargent souvent de leurs propres problèmes sur les enfants, parce qu’ils n’ont pas d’autre échappatoire. Pour que notre projet puisse réellement changer les choses, nous avons besoin du soutien des familles afin d’initier un processus de clarification.

Comment réussis-tu à gagner la confiance des parents?
L’essentiel, c’est de connaître leurs besoins. En général, je n’ai pas besoin de leur parler deux fois: les parents veulent aider leurs enfants, ils ne savent juste pas comment s’y prendre. Ton travail prend beaucoup de temps, la demande est forte.

Que faut-il pour que le projet soit un succès?
En tant que psychologue, je peux donner aux enfants les outils qui leur permettront de prendre leur vie en main. Favoriser la prise de conscience des adultes est beaucoup plus complexe: beaucoup d’adultes se sentent livrés à eux-mêmes, abandonnés par la société, et projettent inconsciemment ce sentiment sur l’enfant. Ce faisant, ils l’empêchent de grandir sainement. Je pense de ce fait que le plus important est de se concentrer sur la formation des adultes.

«Les enfants se montrent très ouverts à l’égard de notre travail et extrêmement reconnaissants de l’aide que nous leur apportons. »

Nolvia Zelaya – psychologue

Qu’est-ce qui te motive dans ton travail?
Je suis surtout impressionnée par le travail avec les enfants; la plupart d’entre eux ont très peu d’estime personnelle. Dès qu’on leur consacre un peu de temps en leur montrant l’image qu’ils pourraient avoir d’eux-mêmes, tout s’éclaire. L’amour infini que les enfants portent à leurs parents et la manière dont ils se torturent à se demander comment ils pourraient les aider, cela m’émeut énormément. Les enfants se montrent très ouverts à l’égard de notre travail et extrêmement reconnaissants de l’aide que nous leur apportons.

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