Portraits d'enfants du Réseau Tonkla

25.03.2019 - 15:41 | Christian Possa

24 écoles avec un total de 743 jeunes de toute la Thaïlande ont uni leurs forces dans le Réseau Tonkla des enfants et adolescents indigènes. Trois enfants donnent un aperçu du réseau.

L'activiste

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Parichat possède le don d’accumuler les responsabilités tout en donnant l’impression de les assumer comme un jeu d’enfant. Elle a élaboré les contenus de la méthode de formation basée sur les excursions, met en scène les pièces de théâtre sur le thème des droits de l’enfant et fait également partie du Conseil des jeunes du district. Les adolescents sont emballés par le Réseau Tonkla et les alternatives offertes par le centre local de formation dans ce lieu écarté qu’est Sanehpong. Parichat aime aussi partir à la rencontre de nouveaux individus et groupes, échanger et apprendre les uns des autres. «Ce que j’apprends à l’extérieur, je peux l’adapter dans ma sphère personnelle. Je peux l’intégrer à l’école ou chez moi à la maison.» Au cours de son voyage de l’année dernière, Parichat a par exemple vu un animal inconnu même des aînés de son village. Un animal qui, à l’instar des abeilles, produit du miel. Pour l’adolescente, ce fut une expérience décisive: «Cela a permis à mes parents et à toute la communauté de réaliser l’importance de ce mode d’apprentissage alternatif.» Même si elle est convaincue que les voyages apportent beaucoup en termes d’échanges culturels et de confrontation à des styles de vie et des connaissances indigènes, Parichat se sent profondément enracinée dans le milieu rural de Sanehpong. «Je voudrais devenir naturopathe et recourir au savoir traditionnel et aux plantes pour soigner les gens. De cette manière, je pourrai rester proche de mes parents.»

Le réaliste

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Supatchai s’est découvert une vocation lors du premier voyage expérimental de jeunes membres du Réseau Tonkla dans une autre région de Thaïlande: à l’aide de son téléphone portable, l’adolescent a produit un court métrage qui documente ses expériences telles que les processus de fabrication locaux, des danses folkloriques ou les nouveaux supports pédagogiques. «Cette manière d’apprendre est réelle, se réjouit Supatchai, cela ne vient pas des livres. On va sur place et on apprend, en faisant ses propres expériences.» Au début, ses parents et son frère aîné ne partageaient pas son enthousiasme. Il dit avoir d’abord dû les convaincre qu’on n’apprend pas uniquement dans une salle de classe. Son frère a ensuite changé d’avis lorsqu’il lui a expliqué le détail des expériences et ce qu’il en a retiré: «Mon frère était très excité. Il est plus âgé que moi, mais n’a jamais eu la possibilité de s’éloigner beaucoup de notre communauté.» Comme tous ses camarades de classe, Supatchai porte le costume traditionnel des Karens. Le sien se compose d’une chemise rouge à rayures vertes et manches courtes, adaptée à la chaleur estivale, et une sorte de jupe à rayures roses. Chez Supatchai, le sens des traditions est aussi profondément ancré que celui de la communauté: «J’aimerais bien devenir leader communautaire un jour», affirme-t-il. «Je veux créer des emplois pour donner des sources de revenus aux gens et leur permettre de rester au village.

La chaleureuse

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Pornruedee n’est pas quelqu’un qui coupe la parole aux autres ou cherche à se mettre en avant. Elle écoute attentivement ses camarades lorsqu’ils s’expriment. Sauf lorsqu’un petit sourire vient modifier l’expression de son visage, elle pose un regard pensif sur les gens, comme en évoquant les souvenirs du dernier voyage effectué dans le cadre du projet. «Je fus très impressionnée par tout ce que nous avons vu. En même temps, cela m’a stimulée. Personnellement, j’ai ressenti ce processus d’apprentissage comme un challenge.» Si Pornruedee a ramené énormément d’expériences diverses de son voyage, elle avait d’abord dû s’y préparer. Comment? En se mettant dans la disposition intérieure requise: «Le plus important, c’est d’ouvrir son coeur», expliquet- elle en souriant. La jeune fille a documenté ses expériences du voyage avec le Réseau Tonkla dans une courte vidéo. Comme musique de fond, elle a choisi une chanson qui parle d’une personne traversant le pays avec un sac à dos. «En réécoutant cette chanson au retour, elle nous rappelle ce qu’on a appris dans chaque endroit.» Pornruedee utilisait un ordinateur et découpait une vidéo pour la toute première fois. Grâce à l’aide de l’organisation partenaire locale, elle a vite maîtrisé les nouveaux processus. Sensibiliser aux droits de l’enfant à travers une pièce de théâtre créée à l’école constitue la priorité des adolescents pour l’échange d’expériences de cette année. «Mais j’ai aussi envie de découvrir d’autres méthodes de formation, de voir comment d’autres jeunes apprennent. Ce qui importe, c’est échanger.»

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