Sensibilisation croissante aux droits de l'enfant

01.04.2019 - 07:26 | Christian Possa

En thaï, «tonkla» veut dire jeune pousse. Déployé par la Fondation Village d’enfants Pestalozzi et ses partenaires locaux, le Réseau du même nom réunit des enfants et adolescents de tout le pays afin qu’ils puissent défendre ensemble les droits qui sont les leurs et se faire entendre à l’échelle nationale.

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Tous les membres du Réseau Tonkla défendent conjointement les droits de l’enfant.

Le Réseau se compose de 24 écoles dans lesquelles 743 enfants et adolescents issus de minorités indigènes sont scolarisés, à travers tout le pays et avec une tendance en hausse. L’un des centres de formation concernés est situé à sept heures de route au nord-est de Bangkok, dans le district de Sangkhlaburi non loin de la frontière du Myanmar. Toute la communauté locale est impliquée et a réalisé, avec le soutien de l’administration publique locale, un centre de formation communautaire qui accueille 35 adolescents de la région.

Encourager la diversité culturelle

L’idée de ce centre de formation secondaire local est née il y a cinq ans, alors que 19 jeunes étudiaient au Sanehpong Community Learning Center. A l’époque, il ne s’agissait répas encore d’un centre au sens littéral du terme: «Il n’y avait pas de bâtiments scolaires, les cours se déroulaient sous les arbres», se souvient son directeur Nanwimol Sainitat. Aujourd’hui, le centre accueille, dans plusieurs bâtiments scolaires, 35 enfants de la septième à la onzième année de scolarité et occupe quatre enseignants fixes ainsi que cinq formateurs chargés de transmettre le savoir local. Préserver les connaissances traditionnelles des Karens, une ethnie issue des hauts plateaux birmans, et les transmettre aux jeunes constitue l’objectif majeur du centre de formation ainsi que du projet de la Fondation Village d’enfants Pestalozzi. Selon Nanwimol Sainitat, il faut que les enfants et les adolescents prennent confiance en eux pour revendiquer leur appartenance à l’ethnie des Karens. «On va vers l’autre, mais en sachant toujours qui l’on est.» Une grande partie de la population thaïlandaise est peu sensibilisée aux cultures des minorités indigènes, ce qui peut être à l’origine de préjugés et de diverses formes de discrimination. Une telle attitude porte atteinte aux droits des enfants et des adolescents concernés, plus particulièrement en ce qui concerne l’accès à l’éducation. Le projet répond à ce défi en soutenant l’application des droits de l’enfant et en renforçant les structures du Réseau Tonkla.

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Nanwimol Sainitat, directeur du Sanehpong Community Learning Center

Les droits de l’enfant comme expérience tangible

L’une des méthodes de ce processus a recours à l’apprentissage basé sur des excursions. Cette année, les élèves des dixième et onzième années effectuent des séjours dans le nord du pays afin de présenter leur propre culture à différentes communautés et de découvrir, de leur côté, d’autres personnes et d’autres modes de vie. Une pièce de théâtre mise en scène par les adolescents eux-mêmes sur le thème des droits de l’enfant constitue le coeur de ce programme d’échange. «Lorsqu’ils reviennent, les participants peuvent présenter ce qu’ils ont vu et appris, principalement sur les droits de l’enfant, au sein de leur communauté», explique le directeur de l’école. «Cela constituera un outil majeur pour sensibiliser également la population locale aux droits de l’enfant.» Développé en 2014 à partir d’un projet de la Fondation Village d’enfants Pestalozzi, le Réseau Tonkla est depuis soutenu par toutes ses organisations partenaires en Thaïlande. Les partenaires du projet ont déjà mené différentes activités pour renforcer les structures d’un Réseau encore récent. L’été dernier, des adolescents du district de Sangkhlaburi ont participé à une journée d’échanges avec des ethnies à Chiang Rai. En octobre, un atelier de pilotage de projet était organisé dans la même ville. «Je pense qu’il est très important que les adolescents aillent à la rencontre d’autres jeunes établis ailleurs pour tisser de nouveaux liens», souligne Nanwimol Sainitat. «Cela renforce leur confiance en eux et développe des personnalités charismatiques qui élargissent leurs horizons.»

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Journée d’école au Sanehpong Community Learning Center

Petites parties d’un grand tout

Lors d’entretiens avec des jeunes du Réseau Tonkla, la vision du directeur de l’école semble confirmée: les jeunes pousses se transforment en individus responsables et engagés. Mali voudrait par exemple devenir institutrice pour faire évoluer l’école locale, en tant que membre de sa communauté. Waraporn a décidé qu’elle serait infirmière pour rendre un jour aux autres un peu de ce qu’elle reçoit aujourd’hui sous forme de soutien. «Je voudrais que les personnes malades disposent d’un système de santé leur permettant de se faire soigner sur place.» Par ailleurs, Supatchai souhaiterait apporter ses expériences acquises dans le projet en tant que leader communautaire. «Je veux développer le village et créer des emplois pour que les habitants puissent gagner leur vie et rester ici.»

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