Àpropos de rires, d’apprentissages et d’animal grégaire

19.02.2020 - 16:06 | Milena Palm

L’association de jeunesse bavaroise Jugendring BjR a participé pour la première fois à une semaine d’échange au Village d’enfants Pestalozzi en octobre 2019. Des élèves des classes de 6e, 7e et 8e années de Pressath n’ont pas seulement découvert la charcuterie et les danses populaires locales à Trogen – beaucoup d’entre eux ont vécu une réelle évolution personnelle grâce aux échanges.

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Dans le cadre de cette semaine de projet, une vingtaine d’élèves de Pressath (DE) ont rencontré des enfants de Moldavie et de Wetzikon.
«Génial. Tout était simplement génial», déclare Tobias, un élève de Pressath, à propos de la semaine d’échange de l’association de jeunesse bavaroise au Village d’enfants Pestalozzi. L’enthousiasme palpable est le résultat d’une semaine très intense au cours de laquelle les adolescents ont réussi à se dépasser, comme a pu l’observer Hans Walter, l’instituteur qui les accompagnait à Trogen. «J’ai été frappé de constater à quel point les jeunes changeaient progressivement de comportement dans les contacts avec les autres groupes», explique-t-il.

«Les jeunes ont progressivement changé de comportement dans les contacts avec les autres groupes.»

Hans Walter – instituteur

Il est vrai que les enfants de Pressath ont eu besoin d’une certaine mise en condition avant d’exprimer cette volonté de coopérer. Barbara Germann, la pédagogue de la Fondation Village d’enfants Pestalozzi en charge du projet, l’a également observé. «Nous avons d’abord voulu briser la glace entre les jeunes de Moldavie, de Wetzikon et de Bavière au travers d’un exercice assez simple: ils devaient se traduire des mots mutuellement.» L’exercice reposait sur l’initiative personnelle, mais cette approche n’a pas fonctionné avec ces jeunes de nature réservée. «Il aurait fallu aller au-devant de chacun et l’accompagner», explique-t-elle. Selon Hans Walter, la réticence à participer était notamment liée à de l’insécurité.

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Pour apprendre à se connaître, les jeunes ont ensuite construit un parcours de billes ensemble. Là encore, la barrière de la langue s’est fait sentir.

Surmonter la peur et l’insécurité

La pédagogue a également constaté l’insécurité qui gênait les jeunes au départ: selon elle, le phénomène s’expliquerait notamment par la barrière de la langue et la peur des contacts qui en résulte. Barbara Germann pense que les jeunes ont aussi eu de la peine à sortir de leur zone de confort.

Réussir à les y amener sans sollicitation excessive était donc le défi à relever au cours de la semaine de projet avec l’association BjR. Les petits pas étant décisifs selon Barbara Germann, elle a tenté de répéter l’exercice de la traduction spontanée pendant l’après-midi. Répartis deux par deux, les jeunes ont été invités à visiter le Village. Une adolescente de Pressath âgée de 13 ans a appris à cette occasion à compter jusqu’à cinq en moldave: «Unu, doi, trei, patru, cinci», répète-t-elle fièrement.

La pédagogue relève qu’il est important de proposer des exercices qui reposent les uns sur les autres et de s’adapter aux jeunes: «De cette manière, ils réalisent à peine qu’ils ont quitté leur zone de confort. Le

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Les enfants se sont groupés spontanément en fonction de la couleur de la pastille. Finalement, des groupes de même couleur étaient constitués et la jeune fille dont la pastille avait une couleur différente s’est trouvée exclue.

L’être humain, un animal grégaire Le mercredi a été la journée la plus intense pour les jeunes. «Nous sommes sciemment partis de leurs trois langues dans un exercice. La barrière de la langue leur a permis de constater ce que l’on ressent lorsque l’on est victime ou auteur de faits d’exclusion», relève Barbara Germann. Le devise du jour: ensemble, nous sommes forts – mais qu’en est-il de celles ou de ceux qui ne font pas partie du groupe? Un exercice portait précisément sur cette expérience:

«Vous pouvez à présent fermer les yeux», a dit Barbara Germann aux jeunes assis en cercle. Après quelques hésitations, ils ont fermé les yeux les uns après les autres. La pédagogue a alors collé une pastille de couleur sur le front de chaque adolescent. «Vous pouvez rouvrir les yeux et former des groupes sans vous parler», leur a-t-elle ensuite dit. Après avoir regardé autour d’eux, les jeunes se sont groupés en fonction de la couleur de la pastille. Une jeune fille est restée toute seule dans son coin: sa pastille était d’une autre couleur.

«Ce bref exercice a notamment montré que l’être humain n’aime pas se retrouver seul, mais préfère faire partie d’un groupe», explique Barbara Germann. Les enfants ont réalisé que quelqu’un peut être exclu en raison d’une caractéristique extérieure: une simple pastille sur le front, et tout le reste est secondaire. «Si chacun retire sa pastille, presque plus rien ne nous distingue», ajoute-t-elle.

«Si chacun retire sa pastille, presque plus rien ne nous distingue.»

Barbara Germann – pédagogue

S’engager pour autrui

Les personnes discriminées étant souvent exclues, l’exercice portait aussi sur le courage civique. «Nous avons demandé aux enfants de se souvenir de moments où ils s’étaient sentis exclus», raconte la pédagogue. Les enfants ont finalement imaginé une pièce de théâtre à partir de ces souvenirs et expériences et l’ont interprétée, sans tenter de présenter une solution. Lors de la deuxième représentation, une personne du public est intervenue: «Les adolescents devaient sortir de leur rôle d’observateurs, ce qui représentait un défi précisément dans ce groupe de jeunes très réservés. Ils ont pris leur rôle très au sérieux et l’intervention émanait à chaque fois de quelqu’un d’autre», se réjouit-elle. Baran et Emir ont également découvert de nouvelles approches de solution grâce à cet exercice: «Nous avons appris qu’on peut aller chercher un enseignant. »

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Les jeunes ont joué à deux reprises des scènes qu’ils avaient eux-mêmes vécues sur le thème de l’exclusion. La deuxième fois, une personne est intervenue.

Ce qu’il en est resté

«Chez certains élèves, j’ai constaté des changements de comportement face à l’inconnu», déclare Barbara Germann. C’est à la fin de la semaine que Leon, 15 ans, a vécu sa grande expérience – avant, il n’appréciait guère l’atelier: «J’ai soudain pris conscience que j’avais une attitude très négative. Beaucoup d’activités étaient pourtant vraiment bien.» Quant à Emir, il n’a pas seulement apprécié le programme: «Je trouve que les pédagogues ont fait du bon travail.» Baran tire également un bilan positif: «Je réfléchis beaucoup plus à de tels sujets à présent et je trouve que c’est très bien.»

«J’ai soudain pris conscience que j’avais une attitude très négative. Beaucoup d’activités étaient pourtant vraiment bien.»

Leon – 15 ans

L’instituteur Hans Walter est convaincu que la semaine de projet a produit un effet durable sur les jeunes: «Ils ont beaucoup appris les uns des autres et j’espère qu’ils vont mettre ces acquis à profit dans leurs contacts quotidiens.» Il voudrait que la nouvelle proximité entre les jeunes, leur nouvelle manière de s’adresser les uns aux autres, produisent une dynamique de groupe et un sentiment d’appartenance dans leur quotidien scolaire. L’expérience interculturelle aura quoi qu’il en soit sûrement un effet durable: «Les enfants ont beaucoup apprécié leur séjour en Suisse et immédiatement demandé s’ils pourraient revenir au Village d’enfants pour leur voyage de fin d’études.»

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